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Service compris : Hôtels, Restaurants, Cafés - Les Cahiers de la Fonderie
door Collectif
Paperback / 72 bladzijden / uitgave 1995
taal (talen) : frans
nummer : 18
afmetingen : 295 (h) x 210 (b) x 6 (dk) mm
gewicht : 280 gram
BESCHIKBAAR
zeer goede staat
11,95 EUR
referentie : 1011802
Alle prijzen zijn BTW inbegrepen
L'activité des hôtels, cafés et restaurants constitue l'une des facettes les plus visibles du dynamisme commercial d’une cité. Envisagée dans une perspective historique, elle permet, au départ d'une réalité observable par chacun, d'aborder quelques-uns des nouveaux champs de recherche en histoire sociale, plus particulièrement l'étude des classes moyennes, de la consommation et des lieux de sociabilité.

Le secteur Horeca (hôtels-restaurants-cafés) est bien ancré dans les classes moyennes dont il illustre tout d'abord la grande diversité. Du tenancier du plus vulgaire «caberdouche» présenté par Rudy Ankaert, au patron d'un restaurant recommandé par le Baedeker en passant par les garçons de café si bien décrits par Franz Mahutte, tout ce petit monde appartient à ce groupe social très hétéroclite. Les études rassemblées ici soulignent également une autre caractéristique des activités liées à la petite entreprise : l'extrême mobilité des petits patrons. Ils passent d'un métier à l'autre, ils ouvrent un petit débit de boissons pour échapper temporairement au chômage mais le ferment dès que la conjoncture devient plus favorable. Enfin, on perçoit aussi quelques étapes du processus qui, à la fin du 19e siècle, conduit une partie des classes moyennes à créer un embryon de mouvement associatif. Il s'agissait à la fois d'exprimer leur mécontentement face à des mesures législatives, souvent d'ordre fiscal, qui réglementaient sévèrement l'exercice de la profession, de résister à une concurrence de plus en plus rude et d'affirmer leur statut social.

Etudier les hôtels, cafés et restaurants c'est aussi se pencher sur l'histoire de la consommation, un autre domaine de recherche en pleine expansion, très bien illustré en Belgique par les récents travaux de Peter Scholliers. Cette approche permet de mieux percevoir les différences sociales dans les habitudes alimentaires, différences qui s'affichent au grand jour dès qu'un repas est pris à l'extérieur de la maison. L'analyse des menus proposés par les restaurants bruxellois débouche sur celle des influences culturelles : en matière culinaire, comme dans bien d'autres domaines, la capitale belge profite de sa situation géographique privilégiée qui la met en contact avec diverses cultures.

En poussant la porte des hôtels, cafés et restaurants bruxellois, on entre également dans la très riche histoire de la sociabilité car ces établissements constituent des lieux de rencontre privilégiés où se tissent des liens, où s'échafaudent de multiples projets. Après le travail, les ouvriers se retrouvent dans «leur» café, souvent le centre de leur vie associative, politique et culturelle. La bourgeoisie n'agit pas différemment qui a ses propres lieux de réunion et choisit les restaurants les plus huppés pour négocier et signer des contrats. Quelle que soit la classe à laquelle on appartienne, le secteur Horeca offre donc des espaces différenciés où l'on se réunit entre collègues, amis et parents pour célébrer les principaux événements de la vie publique ou privée (mariage, baptême, décès...).

Les témoignages contemporains qui complètent ce dossier illustrent la permanence de quelques phénomènes. Le secteur Horeca reste par exemple caractérisé par une grande mobilité professionnelle (doublée d’une mobilité géographique pour le personnel des grands hôtels) très sensible aux aléas de la conjoncture économique. En outre, comme au 19e siècle, de nombreux petits débits sont encore considérés comme une sorte de «refuge» pour échapper temporairement au chômage et il n'est dès lors pas surprenant que les associations de cafetiers affichent leur volonté de contrôler l'accès à la profession, un débat qui a déjà fait couler beaucoup d'encre au début de ce siècle. Enfin, curieux paradoxe de l'histoire, si, en 1995, le restaurant fréquenté reste un signe de distinction sociale, la clientèle B.C.B.G. de la capitale tente de marquer sa différence en se restaurant... sur les anciens lieux de travail du prolétariat bruxellois !
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