Depuis un siècle, Bruxelles s'est étendu avec une rapidité accrue sur les coteaux de la Senne et du Maelbeek, les aires bâties de ses faubourgs ont rejoint les villages jusqu'alors plus ou moins isolés et en ont parfois considérablement oblitéré la topographie ancienne ou même bouleversé le relief primitif. Autour du Grand-Bruxelles, les travaux d'utilité publique en cours entament des superficies de terrain énormes, dépassant de loin ce qu'aurait pu rêver l'archéologue le plus ambitieux.
Mais au lieu d'apporter des éléments nouveaux à la connaissance de notre lointain passé, celui de la région bruxelloise d'avant Bruxelles, les terrassements effectués à coups de pelle mécanique ont détruit et détruisent encore en ce moment des vestiges précieux pour la connaissance de ce que fut le berceau de Bruxelles. Dans l'impuissance devant les destructions, il nous a cependant paru utile de montrer que le Bruxelles du haut moyen âge ne s'est pas développé subitement dans une région jusqu'alors désertique, mais qu'au contraire plus de 150 points de trouvailles avaient pu être relevés sur le territoire de Bruxelles et des communes voisines, dans un rayon d'environ sept kilomètres autour du cœur de notre capitale.
Dans les dernières années quelques trouvailles faites par des chercheurs bien intentionnés ont été portés à la connaissance du public, mais il n'est guère douteux qu'il ne s'agisse là que d'une partie infime de ce qui vint au jour et de ce qui a été, et cela souvent sciemment, détruit. Dans tous ces cas, il est trop tard pour réparer les dégâts, car les archives du sol ne se révèlent qu'une seule fois, et, déchiffrées de façon malhabile, interprétées sans connaissance de cause, ou traitées d'une main sacrilège, laissent un vide irremplaçable.

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