La fin du 11e siècle est marquée, dans nos régions, par un renouveau sur le plan économique auquel participe Tournai. La ville, vieille déjà de plus d'un millénaire, assise sur les rives de l'Escaut dont les eaux baignent les ruelles qui descendent dans son lit, est enveloppée de murailles percées de quelques portes. Des deux ou trois quartiers protégés, le plus vénérable occupe la partie haute de la cité avec son enclos épiscopal et capitulaire reconstruit au temps des Carolingiens ; le plus populaire est dans la partie basse, proche du fleuve.
Dans le premier se dresse la cathédrale Notre-Dame avec la maison de l'évêque et les demeures des chanoines, où vivent ceux qui prient pour la communauté, enseignent les jeunes, accueillent les pauvres et les pèlerins. Dans l'autre, se groupent autour de l'église Saint-Pierre — démolie en 1821 — les maisons des marchands, les ateliers des artisans, les abris où s'entassent les marchandises venues par le fleuve ou destinées à être enlevées par lui : laines brutes d'Angleterre ou de Flandre, blés, draps, pierres taillées, cuirs ou chevaux du Tournaisis.
Des pontons prolongent les ruelles du «portus» et conduisent aux moulins actionnés par les eaux du fleuve qui broient les grains ou fabriquent le tan — l'écorce de chêne pulvérisée pour la préparation des cuirs. D'autres pontons mènent aux barques à fond plat qui, chargées de marchandises, conduiront les bateliers à Valen-ciennes ou, par Gand, vers la mer.
La population de cette petite ville grossit par les étrangers qu'attirent le commerce et l'école du cloître de la cathédrale, animée alors par un maître célèbre, et par les pèlerins qui proviennent d'un immense diocèse s'étendant à l'époque des rives de l'Escaut jusqu'à la mer du Nord. Tournai est, en 1090, un centre actif et riche qui connait la prière, l'étude, le commerce, le luxe et les plaisirs.

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