Malgré leur sécheresse, les statistiques n' autorisent aucun doute : entre 1914 et aujourd' hui, plus de 2.000 châteaux ont disparu en Belgique.
Certes, ils ne présentaient pas tous un réel intérêt historique ou architectural mais le phénomène de disparition n'en est pas moins révélateur d'une incapacité de beaucoup de propriétaires de supporter les charges qui résultent de la conser-vation de leur bien. Pour une familie, le précompte immobilier, les frais de restauration et d' entretien, le salaire du personnel indispensable, les assurances et les droits de succession sont écrasants, malgré les interventions financieres des pouvoirs publics en faveur des monuments classes. Il faut avoir les reins solides et beaucoup de cran pour ne pas abandonner la partie.
La situation des châteaux qui ont été rachetés par les communes, les provinces, l'État, les Régions ou des organismes divers ri est pas toujours meilleure. Loin de la ! Pour quelques réussites remarquables et qu'il faut saluer avec admiration, que d' ab andons navrants, de transformations lamentables, de destructions irrémédiables.
Prenant la parole au Conseil des Ministres européens responsables du patrimoine culturel immobilier, S.A.R. Ie prince de Liège déclara en 1969 : « Les atteintes portées au patrimoine culturel immobilier ont un caractère irréversible. Une fois abattus et remplacés par des constructions éphémères, les monuments et les ensembles architecturaux anciens, témoignages essentiels, sont irrémédiablement perdus. De telles erreurs ne peuvent être réparées. Il s'agit donc d'admettre que les monuments et ensembles architecturaux anciens, ainsi d'ailleurs que les sites, ne sont pas des biens de consommation, mais un capital a défendre jalousement. »
Dix-sept ans plus tard, tres exactement Ie 15 décembre 1986, les quinze personnes, réunies pour fonder l'ASBL « Chateau de Mirwart », auraient pu faire leur, la conclusion du prince Albert: « II existe un rapport fondamental entre l'homme et le cadre de vie qu'il s'est créé. En détruisant Ie patrimoine culturel immobilier, on détruit en même temps ce rapport. » Avec une angoisse grandissante, ces personnes avaient suivi, mois après mois, années après années, la mise à mort d' un des plus beaux chateaux du Luxembourg. Il ne restait strictement plus rien de l'aménagement intérieur : les salons se trouvaient dépouillésde leur decor, l' escalier d' honneur avait été débité a la tronqonneuse, les sculptures des cheminées avaient disparu, les débris des vitraux de l'an-cienne chapelle gisaient par terre, la mérule prospérait grdce a l'humidité provoquée par la rupture des gouttières. A l' extérieur, la fagade principale et celle des deux ailes révélaient d' importantes fissures sous Ie ciment, tandis que la cour d'honneur devenait un taillis menant aux deux volées de l'escalier dont les marches se descellaient.
Vue du village dont la sépare une grande prairie, la fagade arrière faisait encore illusion mais toutes Ie vitres des vingt-quatre fenêtres aux encadrements [...]

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