En février 1698, les deux seigneuries ou «terres» de Beaumont et de Chimay, françaises depuis 1684, sont rendues à l'Espagne conformément aux clauses des traités signés à Ryswick, l'année précédente, pour mettre fin à la longue guerre dite de la Ligue d'Augsbourg.
Entourées de trois côtés par des territoires sous domination française et du quatrième par l'Entre-Sambre-et-Meuse liégeoise et par l'enclave française de Barbençon, elles étaient encore, à ce moment, complètement isolées du territoire espagnol. Le 3 décembre 1699 cependant, un traité signé à Lille entre la France et l'Espagne, vient fixer d'une manière définitive et précise le tracé de la frontière entre la France et les Pays-Bas espagnols. La cession par la France de quelques villages situés au nord et à l'ouest de Beaumont, Montigny-Saint-Christophe et Thirimont entre autres, établit une communication territoriale entre elles et le Hainaut espagnol dont elles dépendent. C'est alors qu'apparaît sur la carte, pour un siècle, cette sorte d'appendice que j'ai appelé ailleurs la «presqu'île de Chimay»1. Or, moins d'un an après la signature du traité de Lille, Charles II, roi catholique de Castille, de Léon et d'Aragon, comte de Hainaut, meurt à Madrid, le 1er novembre 1700. Depuis le rétablissement de la paix, les cabinets et les ambassades de toute l'Europe n'étaient plus occupés que de sa fin prochaine et du sort de ses immenses domaines.
On sait quel tour il leur a joué, in extremis, en signant un testament par lequel il léguait sa triple couronne et toutes ses possessions d'Europe et d'Amérique, à condition qu'il les tînt réunies, à l'un des petit-fils de Louis XIV, Philippe, duc d'Anjou2.

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