Une invocation à Saint-Michel, de Léon Kochnitzky, se termine ainsi :
« Venise a son lion, mais Bruxelles vous a
Allons, petit Lire, courage nous y sommes
II faut bien avouer qu'en somme
La Grand-Place vaut la Piazza. »
Et il n'est pas faux de dire que la Grand-Place exerce sur le voyageur qui traverse Bruxelles, le même attrait que la place Saint-Marc, pour qui visite Venise. Avec cet autre site, elle partage d'ailleurs ce paradoxe d'aboutir à un ensemble architectural cohérent, malgré la disparité de style de ses éléments constructifs gothiques et baroques.
Sur le plan de l'art, le fait valait qu'on s'y arrête. Mais la Grand-Place de Bruxelles est plus qu'une étape sur la carte du tourisme européen. Pour celui qu'intéresse l'histoire, son passé est plein d'enseignements sur l'origine de Bruxelles et de la vie urbaine.
La part d'héritage historique dont sont tissés des usages que nous croyons nôtres nous surprend, lorsqu'on nous en fait prendre conscience. Les édiles communaux d'aujourd'hui poursuivent, à l'Hôtel de Ville, une œuvre entreprise il y a un millénaire. Comme autrefois, la place est lieu d'échange, et l'enthousiasme des touristes du XXe siècle ne fait qu'y relayer l'admiration que lui prodiguaient Clous Sluter, Henri d'Opprebais ou Gérard de Nerval. L'actuel rythme de vie de la Grand-Place, au fil des jours et des saisons, est si mêlé de souvenirs et de présent entrelacés que l'on ne peut toujours faire le départ entre les deux. L'aspect même de son architecture originelle ne peut le plus souvent être appréhendé qu'à travers les restitutions modernes.
Il fallait donc qu'un ouvrage sur la Grand-Place de Bruxelles rendit compte de facettes si diverses. Aucun auteur n'avait entrepris cette tâche ni mené l'histoire de la Place jusqu'à l'époque contemporaine. Afin de pénétrer tous les aspects du [...]

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