Le décès prématuré de Jean TEMMERMAN constitue pour nous une perte immense. Homme courageux, intelligent, travailleur inlassable, haut fonctionnaire modèle, il fut aussi le minutieux historiographe de l'Unité S.A.S. belge, dont il fit partie quasi dès sa création, il avait rassemblé dans deux vastes classeurs à 3 tiroirs d'abondantes archives S.A.S., parmi lesquelles un dossier par membre de l'Unité contenant tout ce qu'il avait pu réunir officiellement ou officieusement sur chacun d'eux.
Je félicite Madame Monique TEMMERMAN pour l'initiative visant à rendre un dernier hommage à son mari en publiant en version française le remarquable ouvrage en néerlandais qui réalisait la synthèse des divers livres que Jean avait écrit sur les S.A.S. Mais, après plus de 50 ans, faut-il rappeler au lecteur ce que furent ces S.A.S.?
«Des acrobates sans importances» selon certain ancien ministre? «Chaque homme un empereur!» si l'on en croit le maréchal Montgomery? Au lecteur de départager ces Messieurs...
Quant à moi, mon choix est fait: ce furent des hommes de bonne volonté, hautement entraînés et motivés, bien armés et encadrés, ne se prenant pas trop au sérieux, mais accomplissant sérieusement des missions pleines de risque que leur maîtrise du «métier», leur haut esprit d'équipe, rendaient pour eux, grâce aussi à l'énorme degré d'initiative dont ils jouissaient, moins dangereuses que d'autres tâches militaires.
«Qui ose gagne » était leur devise; mais une audace guidée par l'intelligence et la raison, appuyée sur de bons réflexes, fruits d'une pratique approfondie de toutes les facettes de leur «spécialité». «Sweat saves blood » (la sueur épargne le sang), soit, et c'est bien; mais «Brains save sweat and blood » (un peu de cervelle épargne de la sueur et du sang), c'est mieux et plus efficace!
Jean TEMMERMAN était de la trempe de ces jeunes évadés de Belgique qui refusaient la défaite, qui sacrifièrent les plus belles années de leur jeunesse, sans calcul, sans espoirs précis, sans même savoir si et quand ils chasseraient l'occupant de leur pays...
Je revois, en 1942, ce frêle jeune homme de 19 ans, encore marqué par les épreuves de l'évasion et le régime débilitant des prisons espagnoles, se présentant comme volontaire à la compagnie parachutiste et visiblement mieux fait pour les jeux de l'esprit que pour ceux du stade. Il subit ainsi comme candidat, avec stoïcisme (car la préparation n'était pas de tout repos!), une période [...]

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