Le 6 septembre 1944 un immense cri de joie retentit dans les rues de Gand. Enfin, quatre longues années d'occupation allemande allaient appartenir au passé! Trois mois, jour pour jour, après le gigantesque débarquement sur les plages de Normandie, les Alliés avaient rejeté les forces allemandes jusqu'au cœur de notre pays. Tournai, Namur, Charleroi, Mons, Anvers, Louvain, Malines, puis Bruxelles et Alost étaient déjà libérées. Et en ce beau jour du 6 septembre, c'était au tour de Gand!
Un nombre incalculable d'ouvrages ont été écrits sur la deuxième guerre mondiale. Certains auteurs se sont même penchés en particulier sur quelques aspects précis des opérations militaires qui ont eu la Belgique pour théâtre. Mais on ne trouve pratiquement rien sur l'épisode gantois. Pourquoi? serait-on en droit de se demander. La réponse est fort simple: les ouvrages spécialisés n'attachent que peu ou pas d'intérêt à la cité d'Artevelde, parce qu'elle ne fut pas mêlée à des combats déterminants pour le sort définitif de la guerre.
De plus, si étrange que cela puisse paraître, il n'existe que fort peu de documents locaux de nature à renseigner le chercheur. Mais, heureusement pour l'histoire de la ville, il y a encore de nombreux témoins!
Ce livre, cependant, se propose moins de relater la libération de la ville, que de fournir aux futurs historiens des faits qu'ils ne trouveront pas dans la littérature existante. Ces données, je les ai récoltées en recherchant et en interrogeant des dizaines de personnes qui ont été mêlées de près aux événements de septembre. Dans quelques années, la plupart de ces témoins auront disparu, et tout ce qui resterait pour évoquer la libération de Gand, ce seraient quelques vagues souvenirs, des on-dit fort peu dignes de confiance. Et l'Histoire compterait une lacune de plus.
Durant trois années de recherches intensives, j'ai pu me rendre compte combien aléatoires étaient, par exemple, les reportages de l'époque. N'oublions pas que ceux-ci ont été en effet rédigés alors que la guerre battait son plein, et que les comptes rendus étaient soumis à la censure militaire*. On peut admettre d'autre part que, dans les textes anglais et polonais, quelques inexactitudes se soient glissées, dont pourraient être victimes les écrivains de demain.
Je ne suis pas parvenu à tout savoir, cela va de soi. J'ai aussi passé sous silence des faits dont je n'ai pas pu certifier l'authenticité. Par ailleurs, on admettra facilement que certaines déclarations que me firent des témoins oculaires pouvaient être sujettes à caution. Dame! Après plus de trente-cinq ans...

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