Depuis près de deux ans, une petite équipe de Nivellois au sein de laquelle je milite oeuvre en vue de réhabiliter la brasserie Duvieusart qui dresse à front du faubourg de Charleroi une carcasse à l’abandon depuis plus de quarante ans. Un chancre, assurément, dont la transformation conférerait un indéniable «plus» aux curiosités aclotes.
Cette équipe a la chance de disposer en la personne de Roland Desmecht, à qui le titre de médecin n’interdit pas un amour passionné pour la bière, d’un collectionneur hors pair de tout ce qui touche à la brasserie.
Au fil du temps, il est parvenu, tenez-vous bien, à réunir plus de quarante mille pièces différentes. La plus belle et la plus riche collection de Belgique. Lui aussi a compris le parti à tirer de la rénovation de ce bâtiment et de la réalisation d’un espace brassicole unique en Belgique voire en Europe. Il est d’ailleurs tout disposé à prêter les pièces les plus significatives de cette collection.
Le collège échevinal a soutenu cette équipe dont la démarche bénévole et désintéressée n’a pas toujours été comprise par tous les Nivellois. Heurtés par le fait que le coût de la transformation de la brasserie Duvieusart en un espace brassicole (que d’aucuns appelleront «musée») devrait osciller autour des cent millions de francs, ils ont dénigré le projet en mettant en avant la nécessité prioritaire de consacrer cette somme à la construction de logements sociaux, à l’aménagement de piétonniers et de parkings.
Pour urgente que soit la réalisation de semblables revendications, celles-ci n’émargent pas du tout au budget réservé par la Communauté française et la Région wallonne à la Culture et au Tourisme : chaque année, elles affectent des dizaines de millions de francs au type de rénovation dont il est question pour Duvieusart. Bref, les subsides existent. Ils seront octroyés à d’autres villes si Nivelles n’en veut pas.
Cette mise au point étant faite, il m’est - enfin - agréable de vous présenter ce travail sur les brasseries nivelloises, une industrie jadis florissante. Le survol auquel vous êtes invité est le fruit de deux années de recherches aux Archives Générales du Royaume, à l’Institut royal du patrimoine artistique (photographies), au musée d’archéologie et dans les familles.
Cet ouvrage a été relu par Roland Desmecht, Jean Detournay et Georges Lecocq ainsi que par Emile de Lalieux qui m’a en outre mâché la besogne pour les brasseries et tavernes de Bornival et Monstreux. Leurs observations m’ont été précieuses à plus d’un titre et m’ont permis de gommer quelques imperfections.
Les remerciements englobent les brasseurs et leurs descendants directs ou indirects, Paul, Bruno et surtout Pierre Duvieusart, Arnold Défalqué qui, vous le découvrirez, manie une jolie plume, Marie-Thérèse Semai, Charles Demulder, Hervey Levêque, l’abbé Victor Chambille, Robert Gilain.
A la table d’honneur, Albert Naveau qui possède une remarquable collection de cartes postales et de photos de ce vieux Nivelles qu’ont connu et apprécié nos ancêtres aclots, Pierre Gille qui a racheté la brasserie Défalqué et, comme toujours lorsqu’il s’agit d’illustrer mes recherches, Pierre Hannaert, responsable du service photographique du journal «Le Soir». Il fait preuve d’une patience d’ange et d’une disponibilité de tout instant. Il a souvent dû travailler dans des conditions ingrates et au départ de documents qui ne sont plus de première fraîcheur. Son mérite en est d’autant plus grand.
Cet ouvage est une espèce de prélude à une descente dans les estaminets, bistrots, tavernes, guinguettes et cafés nivellois. Je vous y convie dans un an.
A votre santé!

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