LES contemporains de Monsieur ont tracé de lui des portraits souvent satiriques, toujours malveillants.
Plus tard, Philippe d’Orléans a été maintes fois évoqué en des ouvrages consacrés à son frère, à ses deux femmes, à la Cour de Versailles ou à celle du Palais-Royal. Jamais, en revanche, il n’a fait l’objet d’une étude particulière, jamais personne ne s’est appliqué à mettre au jour sa personnalité véritable.
Pourquoi l’entreprise nous a-t-elle paru digne d’être tentée? Parce qu’il n’est pas indifférent d’observer comment « le grand ordre » du XV1T siècle broya un prince populaire qui avait le sens artistique des Médicis et la valeur de Henri IV; parce que cet être à demi féminin gagna des batailles, traça les plans de Saint-Cloud, engendra une famille appelée à jouer un rôle historique de première importance; enfin parce que la science et la littérature ont aujourd’hui apporté sur son « cas » des lumières insoupçonnées de Michelet comme de Saint-Simon.
S’il n’est pas une grande figure, Monsieur offre humainement et politiquement un double exemple utile à méditer : celui d’une nature faible, mais non mauvaise, livrée à une corruption systématique; celui d’un fils de roi sacrifié à la raison d’Etat selon des méthodes qui n’étaient plus celles de la Renaissance. Tel un personnage [...]

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