De 1914 à 1918, le Roi Albert et ses soldats furent célébrés dans le inonde entier comme des héros d’épo-pée. Le ‘27 août 1914, le premier ministre anglais Asquitb proclama aux Communes : « Les Belges ont mérité cette gloire immortelle appartenant aux peuples qui savent préférer la liberté à la vie facile, à l’existence même. Nous sommes fiers de leur alliance et de leur amitié. Nous les saluons avec respect et nous les honorons. Nous sommes avec eux de cœur et d’âme. »
Trois jours après, le président du Conseil des ministres français, Viviani, s’écriait à la Chambre des Députés : « Oui, les Alliés sont les obligés de la Belgique, et la France n’oubliera jamais le noble, l’héroïque, le vaillant courage déployé par l’armée belge ces dernières semaines. C’est une dette sacrée que nous avons contractée vis-à-vis de cette admirable nation, si grande par son cœur et son courage. » En Italie, la propagande en faveur de l’entrée en guerre fut, pour une bonne part, menée au cri de : Viva il Belgio ! Le 19 juin 1919, Wilson, président des Etats-Unis, attestait au Parlement belge : « L’intervention de la Belgique et sa part dans la lutte constituent la clef de toute la guerre. »
Le colonel B. Schwertfeger, historien militaire allemand réputé, relève (1) le jugement très dur porté dans les Préliminaires du Traité de Versailles : la violation de la neutralité belge par l’Allemagne, y est-il stipulé, doit être expressément condamnée et ses auteurs doivent devenir l’objet de l’exécration de l’humanité. Schwertfeger poursuit : « Ce sont les Américains Robert Lansing et James Brown Scott, membres de la Commission de l’Entente chargée d’établir la culpabilité dans le déchaînement de la guerre, qui ont exigé l’insertion de cette observation. Aux Etats-Unis de l’Amérique du Nord, précisément, on prit dès le début le parti de la Belgique, dans un élan de cœur ; et il n’est pas exagéré de prétendre que rien ne contribua autant à faire plus tard entrer en guerre les Etats-Unis que les événements d’août 1914. Thee poor little Belgium fut le mot d’ordre des Anglo-Saxons, tandis qu’en France on s’empressa de nommer la Belgique « la noble blessée », pour laquelle il y avait lieu de faire tout ce qui était possible. Ce ne fut donc nullement un hasard, mais la conséquence logique des sentiments américains envers la Belgique, que l’œuvre de ravitaillement de la Commission for Relief in Belgium fut principalement fondée et favorisée par les Etats-Unis. »
Et pourtant, c’est ce même peuple belge qu’en 1940 des opinions publiques aussi ignorantes qu’égarées et des élites prévenues ont accusé de déloyauté !
C’est à peine croyable.
Au lendemain de l’occupation de Bruxelles, les Allemands prétendirent officiellement y avoir découvert des documents établissant que depuis longtemps la Belgique avait partie liée avec l’Angleterre et la France. Mais les documents en question n’ont jamais été publiés — et pour cause.
Quelques jours après, les Alliés franco-anglais accusaient à leur tour la Belgique, ou tout au moins une partie de la Belgique, de félonie !

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