QU’EST-CE, au juste, cette Marotte, que des écrivains ont décrite comme étant le « cœur » de Bruxelles ? Etrange coeur, qui se serait greffé hors du corps, car, pour l’historien, la Marolle n’est née que longtemps après la naissance de Bruxelles. Elle n’existait pas quand à la fin du XT siècle, on commença d’ériger la première enceinte. Sa venue tient d’un curieux phénomène. Quand Bruxelles, tout petit encore, se serrait entre ses murailles, celles de la rue des Alexiens, de la Montagne-aux-Herbes-Potagères, de la Steenpoort, de la place de la Grue et du palais Ducal, il existait, vers le sud, dans les champs, une sorte de camp de concentration médiéval. Une fois entré, on n’en sortait qu exceptionnellement. C’était la léproserie de Saint-Pierre, qu’on avait eu soin de bâtir loin de la cité. Défense aux lazares de s’approcher des massives murailles. Les moins atteints pouvaient, tout au plus, faire une petite promenade vers Obbrussel, appelé à devenir le faubourg de Saint-Gilles, mais en agitant constamment une crécelle — appelée « ragalette » en vieux français — afin que les gens sains les fuient avec horreur.

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