Me voici arrivé au terme de treize années d’un labeur dur, mais enthousiasmant et au sommet duquel je pose ce «Congo des Belges» comme on hisse un petit sapin enrubanné au faîte d’une nouvelle maison.
Tant pour le «
Congo de Léopold II» que pour les «
Femmes bantoues du XXe siècle», il m'est revenu que des doctes et moins doctes personnages ont qualifié ces deux ouvrages de vulgaire compilation.
Il est, tout d’abord, bien évident que je ne suis qu’un homme du peuple qui écrit l’histoire du peuple pour le peuple, un peu à la manière des chroniqueurs du Moyen Age.
En second lieu, il me paraît que quiconque veut écrire une tranche d’histoire, souvent antérieure à sa propre existence, n’a pas trente-six solutions : il doit impérativement se muer en rat de bibliothèque et accumuler une masse énorme de documents qui lui permettront, à partir de leur diversité, de recouper toutes les informations recueillies afin d’en dégager ce qui, objectivement, peut être considéré comme l’expression de la vérité. C’est ainsi qu’en neuf ans j’ai lu plus de 1.600 livres ayant principalement pour objet la condition humaine au Congo et que je dispose des photocopies des quelque 25.000 meilleures pages de ces ouvrages.
A partir de ce stade, deux voies s’ouvrent devant le chercheur. La première consiste à mixer toutes les informations comme dans un shaker et à les resservir en resucées comme s’il s’agissait d’une œuvre purement personnelle. C’est ainsi que j’ai pat fois pu lire cinq ou six moutures presque semblables d’un même événement, et que pour en retrouver l’auteur premier, il a fallu m'en référer aux dates d'édition.
Comme je n’ai pas la prétention de posséder la science infuse, j’ai choisi la seconde voie qui induit une méthode de [...]