LES ORIGINES DE LA CITE MEDIEVALE
C'est en 977 que le nom de Bruxelles apparaît dans les documents. Le Brabant, resté agricole, s'éveille économiquement à partir des lie et 12e siècles : il s'apprête à devenir une région de villes. C'est la conjonction de facteurs d'ordre politique, militaire et économique qui fixe la cité dans son site. Bruxelles existera le jour où un marché se forme au pied du Manoir retranché sur une île de la Senne.
LA TOPOGRAPHIE
Le site est une contrée de ruisseaux, abondante en sources et en étangs. Une rivière orientée du Sud au Nord y dessine le vallon d'origine : la vallée de la Senne. A son point limite de navigation sont construits un débarcadère et un pont. C'est un endroit facile de chargement pour les petites embarcations qui emportent le produit de l'agriculture et de l'élevage provenant du faible commerce domanial. Les marais impropres à l'habitation sont souvent inondés, tandis que sur la colline, les premières habitations se dessinent autour du Mont St-Michel où s'érige un oratoire qui lui est dédié. Sur ce territoire partagé en fiefs, l'oratoire et les fermes voisines sont la propriété des Abbayes de Nivelles. Au Sud-Est, s'étend la forêt giboyeuse. Au-delà de la colline, s'inscrit la vallée du Maelbeek et plus au Nord, celle de la Woluwe.
L'ÉCONOMIE
La future cité est située à la croisée d'un réseau de voies secondaires dont le Dieweg ou Diverticulum, ancien chemin agricole situé à mi-côte de la colline et parallèlement à la rivière. Il deviendra la rue Haute et la chaussée de Haecht ...
Les marchands qui cherchent pour l'hiver la protection du Manoir installent un marché d'échange non loin du débarcadère. Celui-ci devient le point de transit entre la communication fluviale et la route marchande. L'essor commercial se réalise par ces voies qui relieront les principales villes de Flandres : Bruges et Gand à Cologne, la Métropole du Rhin via Louvain, Liège et Aix. C'est le va-et-vient des marchands qui contribue à la création des villes : au passage d'une rivière ou au pied d'un château.
LA DÉFENSE MILITAIRE
A la fin de l'époque carolingienne, la France et l'Allemagne se disputent le duché de Lotharingie. Dans le climat d'insécurité, la protection de chaque domaine est assurée par la protection des chefs locaux qui érigent leurs donjons ou castrum. Ainsi dans les marais défensifs, un manoir et une chapelle castrale sont construits sur la grande île St-Géry et sur sa rive droite, un castellum. Simple tête de pont ceinturée d'une levée de terre avec palissades et protégée d'un fossé et d'une tour : elle y joue le rôle de citadelle et de future place publique ou marché. Le maître de la forteresse est à la fin du 10e siècle, le Duc Charles de France à qui l'Empereur Otton a conféré le titre de Duc de Basse-Lotharingie. Le castrum de Bruxelles devient ainsi le centre administratif et militaire du comté d'Uccle qui doit assurer, dans le dispositif de l'empire, la défense contre la Flandre.
LES PRÉMICES DE LA STRUCTURE URBAINE
A son origine, la cité n'est formée que de quelques éléments décisifs pour son développement. A proximité du diverticulum, la Chapelle du Mont St-Michel est reliée au castrum par la voie "militaire" via le marché.
D'autre part, le castrum accueille la Chapelle St-Géry, chapelle du château, et dans son voisinage, une cour barbare qui suit le duc. Une garnison militaire, le castellum pour stocker les denrées, et le "Stadium", marché antérieur à celui de la Grand'Place, assurent la présence du Seigneur. Enfin quelques demeures clairsemées pour les habitants, commerçants et artisans qui s'implantent notamment le long de la "Steenweg", voie commerciale qui relie le débarcadère au marché et au diverticulum à l'endroit précis du Cantersteen.
La résidence du duc attire par ses besoins et sa protection les premiers marchands. Un marché qui écoule tantôt les produits de la terre et tantôt les premiers produits du commerce et de l'artisanat, s'installe sur la place publique naissante. Sur cette esplanade et ce lieu de rassemblement se tissent les premiers liens entre les citoyens de la forteresse et les futurs bourgeois : l'organisation urbaine se dessine. Les artisans tirent leurs revenus de la production destinée à la cour du duc. Ce dernier perçoit divers droits, tel l'exercice du commerce en échange du service de l'escorte et de la protection.
La cité s'implante donc dans le bas de la vallée, dans la zone des marais. Le caractère de celle-ci, proche de l'eau et impropre à l'habitat, influera le développement de la ville : l'eau y est, à ce stade, élément défensif et de survie pour la cité : elle permet aux moulins de fonctionner et alimente l'activité artisanale naissante.

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