Le centenaire de l’indépendance de la Belgique constitue une étape importante dans notre histoire nationale. Avant de tourner cette page, il convient d’évoquer le passé, de réfléchir au présent, de rêver à l’avenir. A constater d’où nous sommes venus, où nous sommes arrivés, quels chemins s’ouvrent devant nous, on prend mieux conscience des destinées de la Patrie, on discerne avec plus de précision les possibilités qui s’offrent à notre peuple. Nous ne formons qu’un anneau dans la longue chaîne des générations qui ont créé la Belgique telle que nous la connaissons. Le passé nous a donné des droits ; le présent nous crée des devoirs, car l’avenir sera ce que le fera notre effort.
Un siècle est peu de chose dans l’existence d’un peuple qui a derrière lui deux mille ans d’histoire, mais lorsque ce siècle représente l’aboutissement de tous nos espoirs, lorsqu’il résume aux yeux d’un peuple toutes ses fiertés et toutes ses souffrances, la foi qui le soutint dans l’épreuve et la foie qu’il connut dans le triomphe, ce court espace de cent années prend toute la grandeur de la pensée et du sentiment qu’on veut enfermer en lui.
Entre 1830 et 1930, s’est accompli, en effet, un événement capital pour l’évolution politique de ï Europe : la naissance, la formation, l’épanouissement d’une nation belge. Cette marche septentrionale de l’ancienne Gaule qui fut soumise, après des luttes héroïques, par les légions de César, ravagée par les invasions déferlant durant des siècles de l’Est sur le monde occidental, déchirée et morcelée par la féodalité, conquise, perdue et reconquise par tous les impérialismes, a fini par devenir la terre libre d’un peuple libre. Pour que ceci fut possible, il a fallu un tel ensemble de circonstances qu’il ne s’en trouve dans l'histoire d’autre pouvant lui être comparé.

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