En 1925, les marchands de jouets ne vendaient que des soldats de plomb, bleus horizon, avec un képi blanc. Leurs ennemis portaient évidemment, un turban marocain.
En 1930, paraissait une traduction française d’un livre de Doty et dont mon père fit immédiatement l’acquisition: ”La légion des damnés”. Ce récit, du à la plume d’un Américain engagé à la Légion Etrangère en 1925, jouissait à l’époque d’un très grand succès. En littérature on comparait ces pages aux écrits ’’osés” de Victor Marguerite. Etait-ce la naissance de la contestation? Qui aurait tenté de critiquer l’armée française victorieuse de 1918? On avait sacralisé ses chefs et ses méthodes passaient pour indiscutables. Dans ce contexte, Doty avait osé raconter son embarquement à Port-Vendres à destination d’Oran, où il avait été tondu, dressé par des sous-officiers tout puissants et écrasé par le cçlè-bre colonel Rollet. Une journée de train, vingt-huit kilomètres à pied, encore encaqué dans un train et l’entrée au camp d’instruction de Saïda. Versé à la 29e compagnie du Ier Régiment Etranger Doty alias Gilbert Clair fut envoyé en Syrie, dans des conditions que pas un biffin de notre époque n’accepterait. Et il avait eu l’audace de l’écrire... On ne peut relire aujourd’hui ces pages, sans sourire. Doty? Mais il était un enfant de choeur en comparaison de Jules Roy ou de Pierre Sergent!
Mais comme l’auteur de mes jours avaient considéré ce livre comme subversif et ne devant pas ’’traîner à la portée des enfants”... je l’avais bien entendu lu en cachette. Le plaisir défendu? J’étais prêt à partir pour Saïda...
Caprices du destin? Dix ans plus tard, la guerre allait me mettre en contact direct avec la Légion Etrangère et celle-ci devait indirectement influencer mes premiers pas dans la vie militaire.
Le 10 mai 1940, élève à l’Ecole des Cadets, je fus versé au 4e Régiment de Carabiniers. Avec la réserve et les unités à l’entraînement, ce régiment fut [...]

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