Dans une première plaquette nous avons abordé l'étude de la Passion du Christ dans la sculpture hennuyère. Nous y avons présenté des images du Jardin des Oliviers, de l'arrestation du Sauveur, de sa flagellation. Nous nous sommes attardés devant les christs assis au calvaire ; nous voilà, suivant l'ordre chronologique, au moment de la Crucifixion.
C'est le sujet le plus souvent représenté dans l'art chrétien, celui qui convient le mieux dans une église où s'évoque tous les jours le sacrifice de la croix. La Crucifixion figurera sur les autels où se célèbre la messe, on lui réservera une place d'honneur à l'arc triomphal ; elle aura sa place en dehors des églises là où s'élève un calvaire, au carrefour des routes ou dans les cimetières, ou dans un endroit précis voué au culte de la croix. Le Christ est représenté seul ou accompagné de la Vierge et de saint Jean, parfois aussi des deux larrons, de sainte Marie-Madeleine, des douze apôtres.
Il faut renoncer à faire un compte exact des calvaires anciens. Déjà, pour préciser notre approche, nous avons systématiquement délaissé bas-reliefs, crucifix et orfèvreries probablement inspirés des sculptures plus importantes. Cet ensemble de statues a donc une destination monumentale. Elles devaient être au centre des regards dans l'église ou dans la chapelle. Et cette vocation architecturale des calvaires a souvent inspiré au sculpteur une rigueur que l'on rencontre moins ailleurs.
Des omissions, il y en a certainement. On n'oubliera pas que notre travail, le premier du genre pour la province de Hainaut, est un essai, qui tend avant tout à faire connaître des œuvres d'art qui, pour la plupart, n'ont fait l'objet d'aucun commentaire jusqu'ici. A part les mentions des ouvrages de Soil de Moriamé et des monographies locales, la bibliographie est inexistante. Il n'est pas interdit de penser que, lorsque notre patrimoine aura été systématiquement inventorié selon les prévisions du Ministère de la Culture, nous pourrons préciser le point scientifique de cette première présentation (1 ).
Néanmoins nous croyons être plus complets que nos prédécesseurs, tout en reconnaissant que des mises au point devront être faites plus tard sur certaines sculptures trop haut placées pour pouvoir être analysées suffisamment.
Si l'on ajoute à l'éloignement, une polychromie parfois intempestive, on conviendra que l'approche de ces sculptures pourrait réserver des surprises. Notons encore les multiples imitations si fidèlement réalisées en plâtre dès le 19e siècle. Avouons qu'il faut parfois palper la sculpture pour augurer de son ancienneté. Récemment, lors de la restauration de l'église d'Horrues, n'a-t-on pas découvert que les statues de la Vierge et de saint Jean étaient des imitations du 19e siècle ?

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