Goutroux n’a aucune réputation historique, aucun édifice prestigieux et cependant, son histoire méconnue mérite aussi d’être contée à ses habitants.
J’entreprends cette tâche avec l’espoir d’intéresser mes concitoyens à la vie de tous ceux qui ont animé, autrefois, le cadre où nous évoluons aujourd’hui.
Il y a 120 ans, le territoire qui deviendrait plus tard le village de Goutroux, était couvert d’un bois épais où serpentaient rus et piedsentes. Dans ce bois qui se prolongeait sur Fontaine par celui de la Charbonnière et sur Monceau par ceux de la Pai-rotte, de Briquelet et du Rognac, il n’y avait que deux bâtisses : deux fermes disposant d’une trentaine d’hectares de terres cultivées.
Cependant, une certaine activité y régnait déjà car l’exploitation de « cayats » était en cours.
Or, la commune, érigée 40 ans plus tard, comptait 923 habitants dont 220 chefs de famille répartis en 150 maisons approximativement.
De cette arrivée massive d’immigrants et de leur vie sociale, nous ne connaissions que des récits confus, parfois exagérément folkloriques, transmis verbalement.
Avec la disparition de nos habitants du 19e siècle et de leurs proches descendants, les témoignages devenaient de plus en plus imprécis.
Un des buts du présent travail est de restituer son authenticité à une étape importante et décisive de notre histoire locale afin que chacun de nous puisse se faire une opinion plus objective sur les conditions d’existence de ces paysans-ouvriers venus de tous les horizons et généralement avec leur seul courage pour toute fortune. A ces pionniers qui sont les grands-parents et arrière-grands-parents d’une partie de notre population actuelle et à tous ceux qui ont œuvré pour la promotion du village, les pages qui suivent sont dédiées.
En évoquant le lent cheminement social de nos villageois dans le passé, nous pourrons méditer sur le développement progressif des générations successives et comprendre que la physionomie actuelle du village est le résultat des efforts continus, des luttes âpres et persévérantes que chacun a dû soutenir.
Replacés dans le contexte de l’histoire générale qui ne les avait pas choyés mais astreints à un incessant labeur dès leur plus tendre enfance, nos prédécesseurs apparaîtront comme les artisans de notre évolution.
Certes, des erreurs de parcours ont parfois été commises ! Que celles-ci servent plutôt de leçons que de sujets de reproches.
Il faut comprendre, en effet, que les « anciens » avaient rigoureusement été conditionnés par leur milieu, leur époque, leurs obligations, leur éducation, mais que nombre d’entre eux sont parvenus quand même à nous ouvrir des horizons plus larges en nous donnant les possibilités de sortir de l’ignorance. C’est leur plus grand mérite !
Cette étude n’a aucune prétention d’érudition mais elle rassemble le maximum de matériaux traitant de notre localité et tente de répondre à maintes questions sur ce sujet. Evidemment, comme dans toute histoire locale, il reste des points obscurs à élucider. Mais, tel qu’il se présente, ce timide essai n’a été réalisé qu’après de longues recherches et la consultation de nombreux documents et ouvrages. La liste de ces derniers est reprise dans la bibliographie.
Les autres sources proviennent principalement des dépôts d’archives de Mons, Liège et Namur, des annales des Sociétés d’histoire et d’archéologie de Charleroi, Namur, Nivelles, des mémoriaux administratifs, des archives communales de Goutroux, Lan-delies, Monceau et Yves-Gomezée, des registres paroissiaux de Goutroux, des protocoles conservés par les notaires Maîtres Ligot de Charleroi, Noirsent et Coppée de Marchienne-au-Pont, Gobaux et Lambin de Fontaine-l’Evêque ainsi que de documents recueillis auprès de nombreux collaborateurs et concitoyens.
Que tous ceux qui m’ont accordé leur appui dans la réalisation de ce travail soient vivement remerciés.
J’exprime tout particulièrement ma profonde gratitude à Monsieur le Comte Arnold de Looz-Corswarem qui a bien voulu me documenter sur bon nombre de points relatifs à la seigneur i& de Lan-delies. Grâce à son aide bienveillante, j’ai pu éclairer les événements qui, de l’époque féodale à la période française, expliquent l’origine des grands propriétaires fonciers de notre village au 19e siècle.

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