L’agent de liaison vers le P.C. du bataillon revient en courant, hors d’haleine : « Mon capitaine, nous sommes encerclés ! » annonce-t-il. L’officier n’a qu’une réaction, véritable réflexe chez les chasseurs : « Nous allons “faire Sidi-Brahim”. »
Devant l’ennemi qui les attaque maintenant de toutes parts, ses hommes se défendent pied à pied. Quand ils auront tiré leur ultime cartouche et lancé leur dernière grenade, ils feront rouler des pierres sur les pentes pour essayer d’écraser les assaillants qui attaquent leur piton. Et si aucune troupe amie ne peut venir les délivrer, alors le seul gradé survivant, parfois un simple caporal, dira à ses compagnons : « Baïonnette au canon ! »
Cette scène tragique a eu lieu pour la première fois au 8e bataillon des chasseurs d’Orléans en 1845. Elle se renouvellera périodiquement dans l’histoire de l’arme bleue : à l’Hilsenfirst, dans les Vosges, en 1915 (7e B.C.A.), à Liomer, dans la Somme, en 1940 (13e B.C.A.), sur le plateau des Glières (27e B.C.A.) et dans le Vercors en 1944 (6e B.C.A.) ou au Mont-Froid, dans les Alpes, en 1945 (11e B.C.A.). Il en sera ainsi à Dat Dô Phuong, en Indochine, et même en Algérie.
En désignant, en 1888, voici une centaine d’années, douze bataillons de chasseurs à pied pour être entraînés « à opérer plus spécialement dans les régions montagneuses », l’armée française créait une infanterie hautement spécialisée, qui allait devenir « l’élite de l’élite ».

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