« Si vous voyez un banquier suisse sauter d'une fenêtre, sautez derrière lui. Il y a sûrement de l'argent à gagner » (Voltaire). « Neutres dans les grandes révolutions des Etats qui les environnaient, les Suisses s'enrichirent des malheurs d'autrui et fondèrent une banque sur les calamités humaines » (Chateaubriand).
A quoi Jean Ziegler — né en Suisse, sociologue, spécialiste du Tiers-Monde, député au parlement fédéral — ajoute aujourd'hui ce livre-réquisitoire sur la Suisse contemporaine, sa face cachée, son « impérialisme secondaire » dans les pays en voie de développement, les rouages de son gouvernement visible et ceux du pouvoir réel qu'il dissimule, son rôle de receleur des capitaux en fuite, de plaque-tournante de l'activité des sociétés multinationales, grâce aux « admirables » institutions que constituent le secret bancaire et le compte à numéro — le tout voilé dans les plis du drapeau de la Croix-Rouge et couvert par un discours de neutralité et de paix qui fait passer les Seigneurs de la banque de Genève'ou Zurich pour de pieux et inoffensifs philanthropes. A propos : combien d'enfants morts de faim en Amérique latine là où les trusts alimentaires ont implanté leurs monopoles ? Combien de tentatives d'étranglement économique de gouvernements populaires, du fait de la volonté discrète de quelques banques suisses ? Combien de tués par an par l'industrie de mort ou les invisibles rapines de la très-neutre et bien-pensante Confédération helvétique ?

gelijkaardige artikelen zoeken per categorie
gelijkaardige artikelen zoeken per onderwerp: