«Je les ai toujours vus, ces cahiers olivâtres, couleur de ’uniforme des chasseurs de la Garde. [...] Quand j’étais enfant, mon père me les a montrés, et, grand garçon, j’ai obtenu de les lire. [...] Je sentais que j’avais là, dans mes mains, quelque chose qui intéressait religieusement mon père, et qu’à sa mort, je recevrais comme son legs le plus précieux. [...] »
Ces cahiers, Maurice Barrés les publie en 1923, l’année de sa mort. Ils contiennent les souvenirs d’un de ces braves qui ont fait la gloire de la Grande Armée : son grand-père.
Suivons-le en 1804, cette année où Bonaparte devient empereur. Jean-Baptiste rejoint le corps des vélites à pied de la Garde. Il est emporté par un ouragan de fer et de feu qui dévaste tout sur son passage: Austerlitz, Eylau, Friedland, Tilsitt... Des victoires vite éclipsées par les heures sombres du bourbier espagnol, les journées sanglantes de Leipzig et Dresde. Puis vient 1815. On a confondu l’Aigle et le phénix; Napoléon ne se relève pas. Pourtant, Barrés, homme de devoir, continue de servir la monarchie avec obéissance et loyauté, jusqu’en 1834.
Acteur de ces épisodes glorieux ou désastreux, Jean-Baptiste Barrés a consigné pendant trente ans des souvenirs militaires d’une valeur inestimable. Regardez ce qu’était le quotidien de ceux qui ont combattu durant ces années inoubliables: le froid, la faim, la boue, la fatigue, la mort qui rôde, les plaisirs souvent simples, les souffrances endurées... mais toujours pour l’honneur et pour l’Empereur !

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