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Ardennes Album mémorial 16 décembre 1944 - 16 janvier 1945
Hardcover / 481 bladzijden / uitgave 1994
taal (talen) : frans
uitgever : Heimdal
ISBN : 2902171234
EAN : 9782902171231
afmetingen : 304 (h) x 220 (b) x 30 (dk) mm
gewicht : 1960 gram
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Cet ouvrage, qui s'inscrit dans la série « Album Mémorial », est une adaptation du livre que j'ai publié en Angleterre sous le titre « Battle of the Bulge, Then and Now ». Les lecteurs qui pourraient s'étonner de certaines « lourdeurs » apparaissant de ci ou de là dans le texte ne devront pas oublier que, bien que l'auteur de l'ouvrage soit français, le texte qu'ils ont sous les yeux est en fait une traduction qu'il n'a pas lui-même assuré... L'aspect « Then and Now » ayant été abandonné, cette édition française est bien un livre nouveau et plus du tiers des photos qui l'illustrent ne figurait pas dans l'édition originale.

Ce livre a été conçu comme la présentation de « Wacht am Rhein », l'offensive de la dernière chance lancée à l'ouest par l'armée allemande. Il suit en conséquence la préparation puis le développement de l'opération et l'importance relative des chapitres est proportionnelle au degré d'initiative dont dispose la Wehrmacht pour diminuer à mesure de la reprise en main de la situation par les Alliés. La structure même des chapitres, Conçue pour rendre plus claire la description d'une suite d'événements confus, ne correspondent pas à des changements aussi nets sur le terrain.

Plus sans doute que toute autre campagne de la seconde Guerre Mondiale, la Bataille des Ardennes a donné le jour à de nombreuses légendes et affabulations dont certaines sont encore bien vivantes. Si plus personne ne croit aujourd'hui que la mission des commandos de Skorzeny était d'enlever ou d'assassiner Eisenhower, d'autres légendes ont la vie dure et on lira par exemple encore souvent que les panzer-divisions avaient pour mission explicite de s'emparer de dépôts d'essence américains. De même, on a souvent « oublié » le rôle capital joué par la First Army dans les combats, cela au profit de Patton ou Montgomery dont le rôle a trop souvent été exagéré.

L'importance des actions menées par les unités de la First Army sur le flanc nord est ainsi passée relativement sous silence alors que la défense de la crête d'Elsenborn par les 2nd et 99th Infantry Divisions où la résistance à Saint-Vith ont entravé les plans allemands d'une façon très sensible. Pour de nombreux auteurs, le seul nom de Bastogne symbolise la Bataille des Ardennes alors que la ville n'était pas un objectif pour « Wacht am Rhein » mais simplement un important nœud routier à prendre «en passant». Ce n'est que le 27 décembre, au moment où l’état-major allemand, et plus particulièrement Hitler, ont accepté l'idée que les ambitieux objectifs assignés à l'opération ne seraient pas atteints, que Bastogne est devenu un objectif majeur ; cela simplement parce que la défense de la ville par les Américains lui a donné une grande importance psychologique sinon stratégique. J'espère par cet ouvrage contribuer à une meilleure appréciation de cette bataille confuse. Si les photos prises par les correspondants de guerre américains sont toujours accompagnées de légendes indiquant la date et le lieu où la photo a été prise, les indications données sont souvent fantaisistes. S’il est aisé de corriger l'identification systématiquement erronée des chars allemands, tous présentés comme étant des Tiger, il est moins facile d'identifier tel ou tel village car l'indication de lieu notée s'avère souvent fausse de plusieurs kilomètres. Une photo donnée comme prise à Marche l'a ainsi été à Hotton, neuf kilomètres à l'est, une autre prise à Vielsalm est localisée à Arbrefontaine, sept kilomètres à l'ouest, une troisième à Amonines est donnée pour Samrée, dix kilomètres au sud... Il semble en fait qu'après avoir pris une photo, le photographe continuait son chemin pour noter ce qu'il pourrait lire sur le premier panneau indicateur rencontré, et qui n'était pas exactement là où il avait pris la photo ! Si les légendes notées par les photographes américains sont imprécises, les documents d'origine allemande en sont totalement dépourvues : de nombreux documents allemands, photos et films, ont été saisis par les Américains mais les notes prises par les photographes allemands n'ont pas été conservées. Il m'a fallu beaucoup de temps, beaucoup de chance aussi, pour identifier ces photos qui ne montraient souvent que des chemins ou des façades de maison... Je suis assez fier d'avoir réussi le premier à authentifier ces photos impersonnelles, qui auraient pu être prises en n'importe quel point du Front de l'Ouest, voire sur le Front de l'Est pour certaines d'entre elles, et de mettre en évidence tout leur intérêt historique. Il en est ainsi pour les photos de Tondorf (pages 68-69), Hallschlag, Merlscheid, Deidenberg, Recht (page 183), Poteau (pages 188 à 200), Fetsch (pages 216 à 219), Rochefort (pages 316-317)...

Au cours des cinq années de recherches qui ont permis la réalisation de ce livre, j'ai rencontré de nombreux vétérans, américains et allemands, général de corps d'armée ou simple soldat, et j'ai ainsi recueilli de précieux témoignages. J'ai également interrogé de nombreux habitants de Belgique ou du Grand-Duché de Luxembourg qui, surpris par les combats, ont bien involontairement « participé » à la Bataille des Ardennes. Si nombre d'entre eux m'ont raconté leur histoire, souvent faite de malheurs et de destructions, en toute simplicité - il n'est pas possible de voir grand chose depuis le fond de sa cave — il m'est arrivé d'entendre, racontés à la première personne du singulier, des épisodes de combats... sortis tout droit du film « La Bataille des Ardennes» ! Le plus frappant est que ces «témoins occulaires » étaient, semble-t-il, tout à fait sincères, ayant inconsciemment gommé un pan de leur mémoire pour le remplacer par quelque chose de plus intéressant.

Parmi tous ces témoignages, certains épisodes méritent d'être brièvement rapportés car, s'ils ne peuvent être intégrés au texte du fait de leur caractère très ponctuel, ils n'en éclairent pas moins l'histoire de quelques scènes attachantes. Il en est ainsi du témoignage de M. Yvan Hakin qui eut « le privilège d'être l'un des deux « volontaires » choisis par des officiers de Peiper pour conduire la colonne à travers bois lorsque le Kampfgruppe s'est échappé, à pied, de la poche de La Gleize. Mme Marguerite Grégoire, alors une toute jeune fille réfugiée dans une cave à La Venne avec ses parents, se souvient de cette évasion et du sourd grondement des pas des soldats du Kampfgruppe passant devant le soupirail de la cave en une colonne qui lui semblait interminable. J'ai écouté avec amusement un père de famille raconter comment, réfugié avec sa famille sous un pont de chemin de fer près de Stavelot et débusqué par un soldat américain ivre mort qui les menaçait de son arme, il s'est efforcé de convaincre ce Gl de ce que lui-même et sa famille n'étaient pas des soldats allemands. Un autre, un des rares civils à être restés dans le secteur de Krinkelt où les Américains l'avaient chargé officieusement des « civil affairs », m'a décrit les heures de tension qui ont suivi l'attaque allemande, il a ainsi vu un Lieutenant de l'US Army sortir son pistolet, l'armer et le pointer sous le nez d'un soldat qui s'était éloigné du mauvais côté en descendant du camion qui avait amené un groupe d'hommes en première ligne ; « C'est par là ! » s'est-il écrié en montrant la direction du front alors à moins d'un kilomètre. J'ai souvent entendu parler d'exécutions sommaires de prisonniers, des occasions bien connues où l'Armée allemande s'est discréditée, et des occasions, également nombreuses mais moins souvent rapportées, où l'Armée américaine a fait de même. Un habitant de Bastogne m'a dit comment il avait assisté à une telle exécution alors qu'il quittait Bastogne avec sa famille juste après la libération de la ville ; des Gis ont abattu devant lui, sans cérémonie, ni hésitation, comme si cela allait de soi, un groupe de grenadiers qui venaient de sortir les mains en l'air d'une ferme et s'il a lui-même été frappé par la scène, il eut l'impression que c'était là un événement «de tous les jours» pour les Gis. Un Luxembourgeois m'a raconté comment la crainte d'une telle fin a pu être utilisée pour fléchir des prisonniers trop peu loquaces: en janvier 1945, des Américains interrogeaient deux grenadiers de la 1. SS-Panzer-Division dans sa maison à Oberwampach quand, las d'entendre ceux-ci ne rien dire d'autre que leur nom et leur grade, les Américains en sortirent un sans ménagement : à peine étaient-ils sortis qu'un coup de feu retentit à l'extérieur. Convaincu, comme le villageois qui a assisté à la scène, que son camarade avait été exécuté sans formalité dans la cour, le deuxième prisonnier se montra alors plus bavard. En fait le coup de feu avait été tiré en l'air !

La 82nd Airborne Division a la réputation, à juste titre semble-t-il car de nombreux témoignages belges à son sujet font état de vols, d'avoir « accepté » de nombreux malfrats dans ses rangs ; un habitant d'Arbrefontaine rentrant dans son village a eu ainsi le privilège douteux d'être présenté en janvier 1 945 au « chef des gangsters de Chicago » : un homme bedonnant, déjà âgé, et pas très impressionnant. Un dernier témoignage, le premier qu'il m'a été donné d'entendre en fait, est celui de mon père qui a eu l'occasion d'assister à la concentration de la 12. SS-Panzer-Division pour «Wacht am Rhein » en novembre 1944. Prisonnier de guerre, il travaillait dans une ferme près de Kirchdorf et plusieurs grenadiers de la division y ont été cantonnés pendant quelques jours. Il se souvient de leur confiance, de leur enthousiasme même et de l'attitude hautaine, presque brutale, qu'ils affichaient à l'égard des fermiers allemands qui les hébergeaient. Il a entendu de nombreuses histoires de combats pratiquement au corps à corps avec les Canadiens en Normandie et se souvient de sa surprise lorsque l'un d'entre eux, probablement Alsacien ou Lorrain, s'est approché de lui pour lui dire, en français, « Ne t'en fais pas, ils sont finis : tu vas bientôt rentrer chez toi ». Quelques jours plus tard, l'unité quittait le village pour gagner le Front de l'Ouest, comme l'ensemble des autres éléments de la division rassemblés dans la région. Ce grenadier est-il mort à Krinkelt, Sadzot ou Bourcy, a-t-il survécu à ces moment difficiles...

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